La vie dans le dojang

Jang signifie maison en coréen. Le Dojang est le lieu d'entraînement du Taekwondo, mais il est avant tout un lieu où se créent et parfois se défont des liens entre des individus venant d'horizons variés. Dans cet espace commun, chacun est acteur et responsable de la qualité des relations et de l'ambiance qui y régnent. Les questions que l'élève doit se poser sont : que représente le Dojang à ses yeux ? En quoi consistent ses actions dans le Dojang ? Comment doit il participer à la vie du Dojang ?

Toute vie à besoin de règles pour subsister. Ces derniéres sont comme les fondations d'un immeuble. Le Dojang est un lieu particulier car en dehors des lieux saints, il est l'un des seuls lieux que nous saluons. Le point commun entre les différents lieux de pratiques (tout art confondu) est qu'ils ont une valeur hautement symbolique, on pourrait même dire qu'il sont habités. C'est en l'honneur d'une puissance celeste ou d'un personnage illuminé que les hommes se prosternent en entrant dans un lieu culte. Pour nous, c'est en mémoire d'un être jadis présent que nous saluons en entrant dans le Dojang et c'est de cette façon que son souvenir subsiste. C'est en l'honneur d'une philosophie, de la recherche de la perfection et de ceux qui nous ont précédés dans ce Dojang que nous le saluons car des milliers d'autres élèves se sont retrouvés dans notre situation avant nous. Le Dojang est un lieu, peut importe celui-ci, où se retrouvent le professeur et ses élèves dans le but d'un échange mutuel, dans le sens où l'élève tente d'acquérir des connaissances dispensées par le professeur et que se dernier a pour satisfaction de le voir évoluer.

Le professeur, lui même, a été élève. C'est donc que le travail paie. Ce qui donne vie au Dojang, ce sont ces changement de ceintures tout au long de l'année. Une ceinture noire est appelée à rester noire alors qu'une ceinture blanche, comme les autres ceintures sont appelées à se colorer et à s'assombrir. Ces colorations sont perceptibles par le néophyte et lui donnent théoriquement la valeur du pratiquant, alors que les progrés réalisés par un ceinture noire ne sont plus perceptibles par ce dernier.

Toute ceinture colorée à le devoir de montrer que ce travail paie. Cela n'est pas toujours une évidence car des lacunes demeurent parfois durablement dans l'apprentissage. L'élève doit tenir sa place et démontrer qu'il mérite jours après jours la ceinture qui est nouée autour de sa taille. C'est une obligation personelle qu'il doit respecter vis-à-vis de son professeur car à tout moment, il est identifié comme "l'élève de". De ce point de vue, il doit encourager les nouveaux et les moins gradés à travailler et à progresser.

Le professeur est le maillon d'une chaîne d'individus identiques. L'héritage qu'il transmet est celui qu'il a lui même reçu du sien. Etre professeur c'est être capable de supporter le poids des responsabilités et de ses connaissances accumulées tout au long de ses années de pratique. Il doit pouvoir édicter un certain nombre de règles qui même si elles ne sont pas universelles, ont le mérite d'être empiriquement efficaces. La relation avec ce dernier est la colonne vertébrale de la vie dans le Dojang. L'élève lui doit sa progression car le professeur est lui même le fruit d'un travail et d'une certaine science de l'experience. La transmission de ce savoir ne peut se faire que si le professeur et l'élève lui même observent les règles propres à la vie dans le Dojang.